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ABIKU

ABIKU

neutre

L'Enfant qui Revient

ÂmeYorubaAfrique de l'OuestNigeriaMtoto — Enfant
Genre : IndéterminéSigne : Spirale

Abiku, littéralement celui qui naît pour mourir, désigne dans la pensée yoruba une catégorie d'esprits enfants. Selon la croyance, ces esprits appartiennent à une confrérie du monde invisible, egbe orun, la société des camarades du ciel, envers laquelle ils s'engagent par pacte à revenir. L'abiku s'incarne, meurt dans l'enfance, puis retourne dans le ventre de la même mère, enchaînant les cycles de naissance et de mort. Les décès successifs de nourrissons dans une même famille sont traditionnellement interprétés comme le passage répété d'un même abiku. Les familles recourent alors à des rites de protection décrits par les ethnographes : consultation du babalawo et offrandes prescrites par Ifa, port d'amulettes et de chaînettes, marques ou incisions sur le corps de l'enfant décédé afin de reconnaître l'esprit s'il revient, et noms propitiatoires donnés au nouveau-né, comme Malomo, ne t'en va plus, ou Banjoko, assieds-toi et reste. Le phénomène a son équivalent chez les Igbo voisins sous le nom d'ogbanje. Pierre Fatumbi Verger a documenté la société egbe orun au pays yoruba, et Timothy Mobolade en a décrit les pratiques dans la revue African Arts. La figure de l'abiku irrigue aussi la littérature nigériane : les poèmes intitulés Abiku de Wole Soyinka et de J. P. Clark, ou le roman The Famished Road de Ben Okri, en témoignent.

Pouvoirs & Attributs

cycle de renaissancepassage entre mondeslien familialmélancolie

Rôle dans l'univers ROHO

Premier esprit dont le masque a été récupéré par Roho, brisant le cycle et lui offrant la paix.

Masque Sacré

Masque d'enfant aux yeux mi-clos, gravé de spirales infinies.

Époque

-3 000 à -1 000 av. J.-C. — Cycle des Puissances

Parole de l'Esprit

« Je reviens parce que je n'ai jamais vraiment quitté. »

Questions fréquentes

Que signifie le mot abiku ?

Le mot yoruba abiku se traduit littéralement par celui qui naît pour mourir. Il désigne un esprit enfant qui s'incarne, meurt en bas âge, puis revient dans le ventre de la même mère pour recommencer le cycle. Le terme nomme à la fois l'esprit et l'enfant qu'il habite, dont la famille redoute la mort précoce.

Comment les familles yoruba protègent-elles un enfant abiku ?

La tradition prescrit la consultation du babalawo, le devin d'Ifa, qui indique les offrandes destinées à retenir l'enfant. Les familles recourent aussi à des amulettes et chaînettes, à des marques faites sur le corps de l'enfant décédé pour reconnaître l'esprit s'il revient, et à des noms propitiatoires comme Malomo, ne t'en va plus, ou Banjoko, assieds-toi et reste.

Quelle différence entre abiku et ogbanje ?

Les deux notions sont très proches : abiku appartient à la culture yoruba, ogbanje à la culture igbo, dans l'actuel Nigeria. Toutes deux désignent un esprit enfant qui meurt et renaît de la même mère en un cycle répété. Chaque tradition possède ses propres rites pour identifier l'esprit, briser le pacte et retenir l'enfant parmi les vivants.

Esprits liés

Sources et références

  • Timothy Mobolade, The Concept of Abiku (African Arts, vol. 7, no 1) (1973)
  • Pierre Fatumbi Verger, La société egbé òrun des àbíkú, les enfants qui naissent pour mourir maintes fois (Bulletin de l'IFAN) (1968)
  • E. Bolaji Idowu, Olodumare: God in Yoruba Belief (1962)